Peut-on être minimaliste et manger de la viande ?

Cette question est très épineuse et provoque énormément de discussions sur les groupes minimalistes de Facebook, ces discussions se terminant généralement par une bagarre générale entre les végétariens/vegans et les omnivores, et au final les administrateurs en viennent souvent à supprimer les publications tournant autour de ce thème pour que la paix revienne sur les groupes.

Au final, c’est donc devenu un sujet tabou alors que la question a une grande importance, au même titre que tous les autres aspects du quotidien.

Nous mangeons en moyenne 3 fois par jour, tous les jours, toute notre vie, l’alimentation prend une place énorme dans notre quotidien. Refuser de se pencher sur le contenu de nos assiettes lorsque l’on s’engage dans une démarche de simplification volontaire c’est refuser d’ouvrir les yeux sur ce que nous ingérons, sur les produits qui partagent le plus notre intimité puisqu’ils contribuent à constituer toutes les cellules de notre corps.

Nous sommes ce que nous mangeons, au sens propre comme au figuré.

Réfléchir à notre alimentation est donc fondamental, et l’est d’autant plus que les scandales alimentaires se multiplient et qu’on ne peut plus nier aujourd’hui que les industriels nous empoisonnent à nos dépends. (voir mon article sur « vous êtes fous d’avaler ça »)

Etant végane moi-même, je ne peux que défendre la thèse qui veut qu’une alimentation minimaliste soit forcément intégralement végétale. Même sans aborder la question du spécisme (considérer que certaines espèces sont inférieures à d’autres, ce qui nous donne le droit de les manger), l’argument écologique (si décrié par les véganes abolitionnistes) prend ici tout son sens.

Il suffit de constater la quantité de ressources utilisées pour produire un kilo de viande comparée à la quantité nécessaire à produire la même quantité de céréales pour comprendre en quoi véganisme et minimalisme vont de paire. Je n’étalerai pas ces statistiques ici, si la question vous intéresse, tous les sites végétariens et véganes ont des articles très intéressants sur le sujet.

Considérer qu’une alimentation qui réclame plus de ressources pour la produire est aussi bonne qu’une alimentation qui en réclame moins est totalement à l’opposé du concept même du minimalisme.

Le minimalisme consiste à utiliser le moins possible les ressources de la terre dans notre quotidien, l’alimentation végétale est donc la plus minimaliste.

A mon sens, cela est une évidence, le minimalisme passe forcément par le véganisme.

Par contre, on est bien d’accord qu’entre la théorie et la pratique il y a une énorme limite qui est propre à chacun.

Personne ne devient minimaliste du jour au lendemain, il y a tellement de choses à adapter et améliorer dans notre quotidien que cela demande beaucoup de temps.

Du temps pour la mise en place mais surtout du temps pour l’acceptation des changements nécessaires.

Pour certains, le passage au végétarisme/véganisme passe en priorité, pour d’autres il est relégué au second plan et ils préfèrent travailler en priorité sur d’autres sujets.

Il faut accepter les limites de chacun, comme on accepte nos propres limites.

On peut donc être minimaliste dans son approche et ne pas être (encore) végane.

Par contre ça doit à mon sens rester un objectif de tout minimaliste de s’approcher du véganisme au maximum de ses capacités actuelles.

Si on a encore besoin de manger de la viande régulièrement, au moins essayer de choisir les élevages qui traitent le moins mal les animaux : ça s’appelle le welfarisme et ça ne peut pas être une fin en soi, simplement une étape vers le véganisme. On peut aussi essayer de limiter sa consommation en faisant le plus possible de repas 100% végétaux. Si vous souhaitez des recettes vous pouvez regarder ici.

Mais cela est vrai également pour les véganes !

On ne peut décemment pas se contenter d’être végane sans faire aucun effort pour aller vers plus de sobriété, car la préservation de la planète fait partie de la cause végane, même si l’argument de l’écologie est rejeté par beaucoup. Les animaux vivent sur la Terre, si on la pollue on détruit leurs habitats naturels, donc on contribue à leur disparition. Il semble donc évident que tout végane se doit d’être écolo et d’avoir comme objectif le minimalisme.

Se contenter d’être soit végane, soit minimaliste sans tenter d’avoir une action globale et cohérente sur le monde c’est se mettre des oeillères. Tout est lié et le point commun à tout cela reste le soin que l’on doit apporter à notre planète et à tous ses habitants. Choisir un de ces combats et ignorer l’autre ne rime à rien et réduit l’impact des efforts que l’on fait au quotidien.

C’est également vrai pour la qualité des produits que l’on consomme.

Manger bio et local à 100% n’est pas forcément facile pour tous en fonction du lieu d’habitation et des finances de chacun mais cela doit rester également un objectif à atteindre pour être cohérents dans nos combats.

Pourquoi être cohérent est-il si important ? Simplement car nos modes de vies étant encore peu répandus, nous sommes facilement observés et critiqués par notre entourage qui ne vit pas forcément comme nous et à la moindre incohérence de notre part, certains se font un plaisir de pointer nos petites faiblesses et d’en déduire que ce combat que l’on mène ne rime à rien ou qu’il est utopique de croire à un monde meilleur.

Qu’on le veuille ou non, nous sommes tous les ambassadeurs de la planète auprès des plus sceptiques et plus pessimistes de notre entourage, il est donc de notre devoir de leur montrer que ce n’est pas si difficile de diminuer son empreinte écologique, et qu’en plus ça nous apporte de la joie !

Nous devons rester cohérents pour que chacun puisse se projeter dans notre mode de vie en se disant « pourquoi pas moi ? ».

Nous devons faire taire les oiseaux de mauvaise augure qui guettent notre moindre faux pas pour se convaincre que c’est un combat voué à l’échec qui ne vaut pas la peine d’être mené.

Soyons cohérents et ne nous contentons pas d’un seul combat mais restons tolérants envers ceux qui n’en sont pas au même point que nous !

Peace and love à tous !

Publicités

6 réflexions sur “Peut-on être minimaliste et manger de la viande ?

  1. Concernant les critiques des autres, je ne suis pas d’accord avec toi. Tu auras toujours des incohérences, c’est pratiquement impossible de les éviter, ne fusse que parce que tu vis dans un monde normal, ou tout n’est pas comme tu le voudrais. Pour moi, la réponse aux détracteurs est simple : oui j’ai des faiblesses, mais je fais le maximum et j’agis (voir colibri, pierre rabhi).

    Je ne suis pas végétarien, par gout, car j’aime la viande, même si j’en mange le moins possible.(je ne mange ni poisson ni crustacés). Par contre, je me pose la question de la production locale : faire du bœuf aux USA, dans un désert, avec un ballet de camions qui amènent eau et nourriture ogm est une aberration. Mais est ce le cas en Belgique dans les Ardennes ? ça fait des siècles que les Belges font de l’élevage, nos grand-parents mangeaient très rarement de la viande, mais tout de même, c’est différent des USA. J’ai lu un article dans le bio info qui dit que pour les végétariens il n’y a pas de solutions pour tout, et que des carences apparaissent après quelques années. D’autres sites web disent le contraire manifestement. Dans l’article on parlait de molécules nécessaires qui ne se trouvent que dans la viande. carnitine pour la croissance, les personnes âgées et les femmes enceintes par exemple.

    Aimé par 1 personne

  2.  » […] car la préservation de la planète fait partie de la cause végane, même si l’argument de l’écologie est rejeté par beaucoup. Les animaux vivent sur la Terre, si on la pollue on détruit leurs habitats naturels, donc on contribue à leur disparition. Il semble donc évident que tout végane se doit d’être écolo et d’avoir comme objectif le minimalisme. »
    Je partage sincèrement ton avis.

    Aimé par 1 personne

  3. Bonjour Ju,

    Bravo pour cet article bien complet et très intéressant.

    Je suis devenu végétarien après avoir découvert le minimalisme. C’est donc sans doute lié. Pour ma part, ne pas manger de viande est un choix écologique, spirituel et physique.
    C’est toutefois une très bonne question de se poser : si la consommation de viande devient sans conséquence pour l’environnement et voire bénéfique pour le corps, un minimaliste peut-il se le permettre? En pratiquant le « Moins et mieux »? Cela bien entendu sans prendre en compte la spiritualité. Qu’en penses-tu?

    Bon succès et merci de m’avoir remis en question là-dessus,
    Grégory

    Aimé par 1 personne

    1. Excellente question et je te remercie de me la poser ! 🙂 à titre personnel c’est une question d’éthique et d’antispecisme qui me pousse à être vegan mais j’imagine qu’effectivement pour un minimaliste qui le fait pour des raisons écologiques dans ce cas ça n’aurait plus d’intérêt…

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s