Investir pour moins acheter

Cela peut sembler paradoxal de prime abord, mais, effectivement, la simplification volontaire de son quotidien pour tendre vers plus de minimalisme, implique malgré tout quelques investissements la plupart du temps.

Bien évidemment ces investissements sont à réfléchir au préalable (ne pas céder à l’achat d’impulsion irréfléchi !) et quand on peut, il faut favoriser l’achat d’occasion (Le Bon Coin est ton ami !), ou, à défaut, favoriser les magasins que l’on souhaite soutenir car on approuve leur démarche, comme le magasin bio où on achète ses produits en vrac par exemple.

Cependant, certains achats de produits solides et durables permettent une réduction drastique de nos déchets et dans ces cas là il ne faut pas hésiter !

D’ailleurs les produits jetables n’ont été inventés que pour nous rendre encore un peu plus esclaves du capitalisme. On a réussi à nous faire croire qu’il valait mieux racheter toutes les semaines des objets qui finissent à la poubelle au lieu de les acheter une fois pour toute, sous prétexte de simplifier notre quotidien.

Aujourd’hui, on sait que cette simplification n’est qu’une illusion et que ces produits nous empoisonnent (au sens propre comme au figuré) et encombrent nos intérieurs, en plus de plomber nos budgets.

La première chose à faire lorsque l’on souhaite investir est de bien évaluer notre besoin.

Est-ce que j’en ai réellement besoin ?

Ce besoin ne peut-il pas être comblé autrement, plus simplement ?

Y’a-t-il chez moi un objet qui puisse servir à la même chose ?

L’achat de cet objet me permettra-t-il de me sentir mieux, plus cohérent avec mes valeurs ?

Cela va-t-il diminuer ma production de déchets ou mon utilisation de produits nocifs pour ma santé et la planète ?

L’achat de cet objet me permettra-t-il de me débarrasser d’un autre objet, en faisant un don par exemple ?

Si à l’issue de ce questionnement vous êtes convaincu que cet objet a sa place chez vous, alors allez-y !

Quelques exemples d’objets durables qui ont leur place dans un foyer minimaliste :

une cafetière à piston : fabriquée dans des matériaux durables (verre et inox pour la mienne), elle permet de ne plus acheter de filtres à café. Les filtres ne sont pas forcément un soucis en eux-mêmes car ils se compostent, mais ils sont accompagnés d’un emballage en carton (certes recyclable mais un bon déchet est un déchet qui n’existe pas !), mais surtout d’un sachet plastique de détartrant chimique !

Refuser l’achat de ces filtres est donc un geste positif pour la planète.

Le principe : verser le café moulu au fond, rajouter de l’eau chaude, laisser infuser puis appuyer doucement avec le piston qui sépare le marc du liquide. En fonction de la façon dont vous faites chauffer votre eau, cela peut diminuer votre consommation électrique, je pense (à vérifier).

Prix d’achat de ma cafetière : 30 euros.

cafetière à piston

 

– un moulin à café : restons dans le café, le moulin manuel vous permet d’acheter votre café en vrac et de le conserver plus longtemps que si vous le faites moudre au magasin (certains magasins le proposent).

Je mouds mon café la veille pour le lendemain matin et le conserve au frigo.

Je peux ainsi conserver mes grains en bocal à température ambiante plusieurs semaines sans problème (inutile d’acheter un stock qui dure des mois et prendra de la place chez vous).

Ce moulin vous permettra donc de dire au revoir au café vendu sous vide en emballage plastique, et bonjour au vrai goût du café !

Si vous êtes de gros consommateurs de café, ce déchet en moins se verra vite dans le poids de votre poubelle, si vous n’en consommez que peu, cela vous permet de le conserver beaucoup plus longtemps et de n’acheter que la quantité dont vous avez réellement besoin. Certes le café en grain sera plus cher au kilo mais il sera bio et équitable et zéro déchet, là encore cela vous permet d’être cohérent avec vos valeurs.

Prix d’achat du mien : 15 euros

moulin à café

 

une coupe menstruelle ou cup/ des serviettes hygiéniques lavables : j’ai fait un article détaillé sur la cup.

Toutes les femmes ne sont pas prêtes à ce changement et je le comprends fort bien. Vous pouvez donc également avoir recours aux serviettes hygiéniques lavables.

Celles qui cousent peuvent aussi les fabriquer elles-mêmes. Etant satisfaite de ma cup et ne sachant pas coudre je ne me suis pas lancée, mais une simple recherche internet « fabriquer ses serviettes hygiéniques lavables » vous donnera plein de jolis liens pour vous apprendre à le faire. Pour celles qui ne savent pas coudre et souhaitent les acheter, il y a entre autre cette marque : PLIM. C’est la seule que je connaisse mais il y en a certainement plein d’autres !

Est-il réellement besoin de mentionner pourquoi il est bon de passer au durable dans ce domaine ? Tentez de multiplier le nombre de serviettes/tampons que vous utilisez par jour avec le nombre de jours d’utilisation mensuels, multipliés par 12 pour avoir votre utilisation annuel, puis par une trentaine d’années pour rester approximatif, je pense que le nombre de protections jetables utilisées par une femme dans une vie est suffisant pour vous convaincre de ne plus participer à cette destruction orchestrée de la planète.

Prendre en main la façon dont on gère son cycle est d’autant plus important pour les femmes que toutes ces protections jetables nous rendent esclaves des industriels. Etre féministe c’est aussi reprendre son corps en main de la façon qui nous corresponde le mieux, qui soit cohérente avec nos valeurs.

Prix d’achat de ma cup : 15 euros

ma cup

 

des mouchoirs en tissu/ des serviettes de table/ des lingettes microfibres : Ces achats permettent bien évidemment de se passer de sopalins, kleenex et autres serviettes en papier, déchets parfaitement inutiles, symboles de la décadence de notre société moderne.

Ces achats peuvent facilement être évités si vous possédez des torchons et serviettes de bains inutilisés.

Chez moi, les torchons nous servent indifféremment comme serviettes de table et comme torchons pour la cuisine et le ménage (on en a un gros stock car on en a récupéré beaucoup dans la famille). J’en ai juste acheté quelques unes un peu plus « classes » pour les grandes occasions, assorties aux couleurs de mes nappes, toutes noires et/ou rouges pour ne pas jongler avec plein de couleurs différentes. (soit dit en passant, définir d’emblée un code couleur pour votre intérieur permet de tout assortir plus facilement et ne pas avoir besoin d’acheter énormément d’articles pour créer l’harmonie, chez moi tout est noir/rouge/blanc, du coup pas de question à se poser et pas besoin d’acheter plusieurs exemplaires de chaque chose en différents coloris, idem pour les vêtements).

Si vous n’avez pas de torchons supplémentaires pour faire office de serviettes de tables, vous pouvez aussi en découper dans de vieux draps, ça fera parfaitement l’affaire pour l’utilisation qu’on en fait !

Pour les mouchoirs en tissus, j’en ai d’abord acheté avant de m’apercevoir que j’avais suffisamment de vieux draps pour en tailler dedans. Ne faites pas la même erreur ! Vérifiez vos placards avant d’acheter, vous avez peut-être tout sous la main !

Si comme moi, vous ne cousez pas et n’avez pas envie de vous embêter à faire de jolis finitions sur les découpes pour éviter les fils qui pendouillent, les ciseaux crantés sont vos amis !

Pour ce qui est de la question de l’hygiène des mouchoirs en tissus, sachez qu’on ne se mouche pas 2 fois au même endroit, pliez vos mouchoirs de manière à savoir où vous les avez déjà utilisés et changez-en tous les jours. Aucune raison d’être plus souvent malade qu’avec des jetables !

Prévoyez-en suffisamment pour les jours de grosses crèves, il serait dommage de craquer pour des jetables le jour où toute la famille tombe malade en même temps, alors qu’il suffit d’en prévoir suffisamment au départ !

Pour ce qui est de remplacer les sopalins, on m’a beaucoup parlé des lingettes microfibres et j’aurais investi sans hésiter si je n’avais eu un stock monstre de serviettes de bains inutilisées car trop grandes pour être des essuies-mains mais trop petites pour s’essuyer le corps entier après la douche.

Je me suis rendue compte que je n’utilisais jamais ces serviettes et qu’elles dormaient dans mon placard depuis des années, j’ai donc attrapés mes ciseaux crantés et je les ai découpées de différentes tailles : des toutes petites pour remplacer les cotons pour bébé quand je change mon fils de 6 mois, des petites pour remplacer le papier toilette quand on fait pipi (on n’utilise le papier toilette que pour la grosse commission), et des moyennes pour remplacer le sopalin pour essuyer tout ce qui est renversé au quotidien, notamment par mon fils aîné.

Cela fonctionne très bien et permet donc de récupérer gratuitement des mouchoirs, des serviettes, et des lingettes avec juste quelques coups de ciseaux ! Difficile de faire plus économique et écologique à la fois !

– des rasoirs non jetables : couramment appelés « rasoirs de sûreté » ou « rasoirs de sécurité ». Ce sont des rasoirs pouvant convenir aussi bien à la barbe de monsieur qu’aux aisselles de madame. Ils sont généralement en acier et très durables et ne nécessite que de changer la lame régulièrement, celle-ci étant intégralement en métal et non entourée de plastique comme c’est le cas pour les têtes interchangeables des rasoirs jetables. L’investissement peut être d’importance selon le modèle que vous choisissez puisque les prix sont très variables et peuvent aller d’une vingtaine d’euros à plus de 100 euros. Cependant cet investissement est à faire une seule fois pour toute une vie et vous garantit de ne plus générer de déchets plastiques. Si votre budget est limité, essayez de vous le faire offrir, ça peut être l’objet d’un très beau cadeau tant ces rasoirs sont autrement plus stylés que les merdouilles en plastoc des supermarchés !

un cure-oreille : aucune raison de ne pas céder à l’appel de ce petit objet en inox qu’est le cure oreille vu son prix tout rikiki ! J’ai eu le mien pour 3 euros dans ma pharmacie de village et grâce à lui fini les cotons-tiges ! Il est vraiment dommage de générer autant de déchets quotidiens pour prendre soin de ses oreilles quand on peut en acheter un durable à vie pour le prix de 3 paquets jetables ! Songez aux nombres de paquets que vous risquez d’utiliser en une vie, le calcul est vite fait !

des sacs à vrac en tissu/des bocaux en verre/des sacs à courses durables : les emballages fournis par les industriels pour contenir nos aliments et produits sont destinés à la benne. Nous les payons en plus de payer le produit en lui-même. Nous achetons donc du déchet, et nous les repayons une deuxième fois dans nos impôts locaux qui financent le ramassage des ordures. Arrêtons de payer pour détruire la planète ! Achetons une fois pour toute des sacs à vrac et des bocaux en verre et achetons en vrac en priorité pour soutenir ces démarches et faire en sorte que les magasins qui proposent du vrac s’implantent partout sur le territoire. Même chose pour les sacs de courses. Très prochainement les sacs plastiques seront interdits, prenons les devants et ne partons pas aux courses sans nos contenants et sacs. C’est juste une habitude à prendre. Si vous savez coudre, faites vous-mêmes vos sacs à vrac, vous trouverez plein de tutoriels sur le net. Sinon, vous pouvez trouver des couturières, même amateurs, qui pourront vous les coudre pour pas très cher, surtout si c’est avec du tissu de récupération !

gourdes en inox/bouteille en verre : à titre personnel je n’ai pas encore acheté de gourde en inox, mais c’est prévu dès que je reprendrai le travail suite à mon congé parental ! Quant à la bouteille en verre, elle fait partie de mon quotidien depuis de nombreuses années. L’eau du robinet est souvent bien plus saine que l’eau en bouteille contenue dans du plastique car les particules de plastique migrent dans l’eau ! Pas de soucis de ce type avec une gourde en inox ou une bouteille en verre ! Certaines gourdes sont également isothermes si vous souhaitez garder l’eau fraiche l’été ou le thé chaud l’hiver ! L’idéal est d’en acheter une par membre de la famille, et d’investir dans une bouteille en verre pour l’eau de table et vous pourrez bannir complètement les bouteilles d’eau, qui polluent, sont lourdes à transporter chez vous après vos courses, vous coûtent cher, et sont mauvaises pour votre santé !

Je pourrais vous citer d’autres exemples (limes à ongles, stylos, briquets, etc…), l’idée c’est de bannir le jetable de chez nous et d’investir petit à petit dans des objets durables, souvent plus esthétiques, économiques et d’essayer de favoriser les matières durables telles que le verre, le bois ou l’inox et de supprimer les plastiques qui sont nocifs pour notre santé et la planète, et polluent nos intérieurs. Bien sûr ces investissements ne peuvent pas forcément se faire tous en même temps mais ils valent la peine car ils vous feront économiser sur le long terme et surtout vous permettront de vivre en accord avec vos idées !

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