Projet Ferme Permaculturelle #2

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Dans cet article je vous exposais brièvement notre projet d‘installation dans une ferme pour y faire de la permaculture.

Un des soucis que l’on rencontre dans notre recherche de lieu pour s’installer est le fait que la plupart des maisons et corps de fermes que l’on visite sont entourés de champs pesticidés.

On a jusqu’à présent eu tendance à considérer que c’était un inconvénient car plus nos cultures seront proches des pesticides plus il sera compliqué de mettre en avant le côté bio de notre production.

Et puis, mon homme a eu l’idée de regarder une carte satellite de la ferme du Bec-Hellouin. (au passage je vous conseille la lecture de cet excellent article sur la ferme du Bec-Hellouin sur le blog les échos verts !).

Pour ceux qui ne connaissent pas, la ferme du Bec-Hellouin qui est d’ailleurs située dans le même département que nous, c’est un peu LA référence en terme de permaculture en France.

Et en regardant la vue satellite de leur ferme (facile à repérer sur mappy grâce à leurs cultures plantées en forme de mandala) on s’est aperçus qu’eux aussi sont entourés de champs immenses en monoculture donc très vraisemblablement remplis de pesticides.

Et c’est là qu’on a compris…

Il ne sert à rien de vouloir trouver un petit coin reculé déjà tout propre entouré d’autres petites fermes toutes propres et de se retrancher entre nous en laissant le reste du monde de côté.

Ce qu’il faut c’est aller s’installer en plein milieu des champs de pesticides et y créer de petites oasis de vie au milieu du désert.

Alors certes, cela rend la tâche un peu plus ardue, mais la terre a besoin d’être réparée là où elle est blessée, et non là où elle va bien.

On ne met des pansements que sur les blessures, n’est-ce pas ?

J’entends et je lis souvent que les personnes qui s’orientent vers un mode de vie plus simple, minimaliste et plus proche de la nature avec une recherche d’autonomie, ont souvent pour souhait de s’installer dans des éco-villages, des hameaux réservés uniquement aux personnes ayant un mode de vie écolo.

J’ai moi-même jusqu’à il y a peu, eu envie de m’installer dans ce genre d’endroit, et en aucun cas je ne dénigre ces lieux qui sont très importants et jouent également un rôle primordial dans notre travail pour créer un monde meilleur.

Mais finalement je me dis que si l’on veut répandre nos idées et notre mode de vie autour de nous, si l’on veut faire en sorte que de plus en plus de monde ait accès à une nourriture bio et saine, il faut au contraire s’implanter un peu partout sur le territoire, dans des zones où les habitants n’ont pas l’habitude d’avoir accès à des légumes et fruits bio à côté de chez eux, et au milieu des champs d’agriculture conventionnelle.

Et peut-être que notre exemple fera réfléchir l’agriculteur d’à-côté, peut-être que quand il regardera la couleur de sa terre (blanche et désséchée) et la couleur de la nôtre (marron foncée et humide, pleine de vers de terre), peut-être se rendra-t-il compte qu’une autre façon de travailler est accessible.

Peut-être que nous rêvons, peut-être que nous serons juste des résistants perdus au milieu des pesticides et que cela ne changera rien, mais au moins, tels des colibris, nous aurons fait notre part !

D’ailleurs ce n’est pas pour rien que l’un des projets phares des Colibris de Pierre Rabhi se nomme le Projet Oasis.

Il faut créer le changement partout et pas seulement là où c’est facile !

Comment convaincre le sceptique si nous ne le rencontrons jamais ?

Comment diffuser nos idées si nous ne cotoyons que des personnes qui ont les mêmes que nous ?

Comment prouver que redonner vie à une terre morte est possible grâce à la permaculture si nous n’en faisons que sur une terre déjà saine ?

Des communautés reculées qui vivaient proches de la nature on en a connu souvent dans les dernières décennies. Pourquoi n’ont-ils pas réussi à changer le monde comme ils le souhaitaient ?

Peut-être justement parce qu’ils ont avant tout cherché à rester entre eux ?

Alors certes, on a besoin de côtoyer des personnes qui ont des idées et un mode de vie proche du nôtre. Cela nous réconforte, on se sent compris, on n’est pas obligé de batailler ou de tout le temps expliquer le pourquoi de nos actions.

Mais on ne peut pas se contenter de ça. Il est aussi important de se confronter au reste du monde et de se tenir droit au milieu de la tempête pour prouver que c’est possible. Ce n’est que comme cela que notre exemple fleurira ensuite partout, et que chacun, quel que soit son lieu d’habitation, pourra avoir accès, au bio, au vrac, et à tout ce pour quoi on milite.

Alors voilà, on a décidé que les pesticides du voisinage n’étaient plus un problème, et qu’on plantera des haies pour s’en protéger, et ça ne nous empêchera pas de faire des cultures propres, cultivées avec plein d’amour et le respect de la Terre et de la Nature !

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