Récit de course : la Reinette 2016

prospectus-la-reinetteComme je vous l’avais annoncé dans cet article, je me suis programmée plusieurs courses afin de me préparer au mieux à mon objectif ultime de l’année : le Trail des 2 amants.

Hier avait donc lieu ma deuxième course : la Reinette. Cette course se déroulait près de Rouen (Franqueville Saint Pierre), dans le cadre d’Octobre Rose afin de lutter contre le cancer du sein, et présentait donc la particularité d’être réservée aux femmes et c’est notamment pour ça (et parce que c’est pas loin de chez moi) que je me suis inscrite.

En effet j’étais vraiment curieuse de découvrir l’ambiance spécifique d’une course réservée aux femmes et surtout en tant que débutante qui court à la vitesse d’une tortue, je trouve moins impressionnant une course sans hommes. Rassurez-vous messieurs je n’ai absolument rien contre vous bien au contraire, mais vos grands physiques athlétiques m’impressionnent un peu trop lorsqu’il s’agit de s’aligner sur la même ligne de départ !

J’avais plusieurs objectifs particuliers pour cette course :

  • Ne pas finir dernière (contrairement à ma première course). le fait de n’être qu’entre femmes m’a motivé à me dire que je devais pouvoir réussir à ne pas être la plus lente !
  • Courir les 7km en moins de 50 minutes. Objectif qui peut paraître extrêmement simple pour la grande majorité des coureurs mais qui était basé sur mon record personnel sur cette distance lors de mes entraînements, record légèrement supérieur à 50 minutes. Lorsque j’ai découvert mon numéro de dossard : n°48, je me suis dit que je voulais réussir ma course en 48 minutes ! A savoir 5 minutes de mieux que mon record…
  • Finir épuisée. Oui oui vous avez bien lu ! J’étais restée un peu frustrée suite à ma première course, où à force d’écouter les conseils « ne pars pas trop vite », j’avais trop contrôlé ma course et où j’avais mis trop de temps à accélérer pour au final terminer un peu trop à l’aise… Je ne voulais surtout pas reproduire la même erreur. Mon objectif : TOUT donner et n’avoir AUCUN regret ! Pouvoir me dire « je n’aurais pas pu faire mieux »…
  • M’amuser ! Le but est surtout de se faire plaisir et d’apprécier le fait de courir autrement que seule autour de chez moi. Comme un grand entraînement collectif et festif !

Je vous propose donc mon récit de cette matinée de course et je vous laisse découvrir si j’ai réussi à atteindre tous ces objectifs !

 

Je me lève après une nuit très agitée et pas forcément très reposante mais je ne me sens pas trop fatiguée. Par contre je suis déjà stressée. Beaucoup plus que pour ma première course. Peut-être parce que cette fois-ci je sais à quoi m’attendre…

J’ai quelques appréhensions car je traîne une petite crève depuis presque 15 jours (le fameux mal de gorge avec lequel je m’étais réveillée le matin de ma première course a viré en rhume).

Rien de bien méchant mais ça joue sur ma capacité respiratoire et surtout sur mon cardio quand je cours… Ça joue d’autant plus que j’ai récemment amélioré ma technique de foulée grâce au site internet Light Feet Running de Solarberg Séhel (auteur d’un livre du même nom qui est sur ma liste au Père Noël) et au groupe Facebook du même nom. J’arrive désormais à ne plus sur-solliciter mes mollets (soucis courant lorsqu’on commence à courir avec appui sur l’avant du pied et non sur le talon) et à utiliser les muscles arrières de mes cuisses et mes fessiers ce qui me donne plus de puissance. Sauf que… mon cardio n’arrive pas encore à suivre ce rythme et avec le nez bouché c’est encore pire !

Je crains de ne pas réussir à courir tout du long comme lors de mes derniers entraînements, mais je m’interdis formellement de marcher ! Donc forcément je me mets la pression…

Je me prépare plus ou moins tranquillement, j’avale une eau chaude citronnée car on m’a dit que ça pouvait éventuellement aider à guérir le rhume… En fait ça fait 4 jours que j’en bois 2 ou 3 tasses par jour et ça n’a rien changé mais je me dis que c’est toujours mieux que de boire un café. Et en plus je trouve ça bon !

Quelques fruits, une vitamine B12, un peu d’eau et c’est parti ! Je revérifie le trajet entre le parking conseillé et le lieu de la course avec mon homme sur Mappy et je décolle !

Contrairement aux autres concurrentes je n’arborerai pas le t-shirt rose de la course, déjà car je ne suis pas allée le chercher la veille, je ferai ça juste avant la course et j’ai la flemme de me changer à nouveau sur place, et surtout parce que je tiens à afficher mon t-shirt Vegan Runner. J’aime bien me distinguer dans un groupe où tout le monde est pareil, c’est mon côté rebelle lol… Je serai donc en bleu et noir pour cette course où tout le monde est en rose !

Après m’être garée, je suis le chemin repéré sur Mappy avant de partir et tombe sur une salle où il est indiqué « retrait des dossards ». Je rentre… salle vide… mince alors… Un groupe de femmes arrivent derrière moi et font la même constatation et l’une se souvient que le matin de la course le retrait des dossards se fait sur la place où a lieu la course. Elles proposent d’en profiter pour aller aux toilettes et je les suis en me disant que ça sera fait je serai tranquille.

Je récupère ensuite mon dossard et bonne surprise : il est équipé d’une puce électronique donc mon chrono sera vraiment exact !

dossard-la-reinette

Le dossard est accompagné du joli t-shirt rose à l’effigie de la course ainsi que d’un sac en tissu garni d’une bouteille d’eau, d’un carnet de bons de réduction, d’une boisson énergisante et de son prospectus, et du programme officiel de la course.

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Je patiente un peu en prenant quelques photos des stands et de l’arche de départ. Ça m’aide à gérer mon stress et je me dis que ça illustrera l’article ! A ce moment là je regrette de n’avoir aucune copine runneuse avec qui partager cette course et je suis un peu jalouse des coureuses venues en groupes avec leurs copines !

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Comme l’heure avance, je me décide à déposer mes affaires à la consigne gratuite, je vais avoir un peu froid sans ma veste mais l’heure de l’échauffement collectif approche donc je n’aurais pas froid longtemps !  Et hors de question pour moi de courir avec ma veste accrochée autour de la taille, c’est beaucoup trop gênant et je sais que j’aurais chaud en courant.

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Enfin c’est l’heure de l’échauffement en musique ! Je vais me placer avec les autres concurrentes à l’appel de la coach Patricia. J’étais vraiment curieuse de voir comment ça allait se passer et j’ai littéralement A-DO-RÉ !! Je me suis surprise moi-même à m’éclater autant à danser sur ce genre de musique (je suis plutôt black metal d’habitude… m’voyez…).

Patricia est pleine d’énergie et elle sait nous en donner et nous motiver, elle met l’ambiance à elle toute seule, et ça y est on est dedans, motivées comme jamais à tout donner !!! Merci à elle pour ce super moment !! Seul défaut : c’était trop court !! A peine une dizaine de minutes alors que j’en espérais au moins le double…

Et là… c’est le drame… pendant l’échauffement je me rends compte que j’ai à nouveau envie de faire pipi !!! Et oui, je suis allée aux toilettes trop tôt, et maintenant j’ai peur de ne plus avoir le temps car il y a bien 5 minutes à pied pour aller à la salle où se trouvent les toilettes et la course va bientôt débuter, les concurrentes commencent déjà à se placer dans le sas de départ…

Pas le choix, je ne peux pas courir 7 km en ayant envie de faire pipi, donc je poursuis l’échauffement en tapant un petit sprint jusqu’à la salle, et là horreur, une queue monstrueuse pour aller aux toilettes !!!

Ça y est le stress qui avait disparu grâce à l’échauffement collectif avec Patricia revient de plus belle… Je n’aurais jamais le temps ! Je vois une femme appeler ses copines pour leur indiquer d’autres toilettes, je suis le groupe : moins de queue, mais ça reste beaucoup trop long, la course part dans 10 minutes…

Un groupe de filles derrière moi dans la queue discutent : l’une d’entre elles explique avoir trouvé une pissotière dans les toilettes pour homme du bâtiment, qui est suffisamment basse et large pour qu’on puisse l’utiliser et il n’y a pas de queue ! Une de ses copines y va avec elle… Je la vois revenir 2 minutes après toute souriante en disant que ça l’a fait. Je vais la voir et je lui demande si elle veut bien me montrer où c’est… pas le temps d’attendre à la queue qui n’avance pas !

Elle me montre, j’y vais, pas de verrou sur la porte, pas grave, je prie pour qu’on ne me surprenne pas et je fais mon affaire tranquille ! Ouf ! Un problème de résolu ! Merci aux filles qui ont eu cette idée !

Je retape un sprint jusqu’à la ligne de départ et après avoir galéré à trouver l’accès pour le sas des coureuses (il y a aussi des marcheuses nordiques et des marcheuses sportives au départ) je me glisse et attend le départ après avoir lancé mon application smartphone. A peine 4 ou 5 minutes après, le départ est donné, j’ai bien fait de ne pas faire la queue aux toilettes ça ne l’aurait jamais fait !

Je démarre tranquillement et j’ai la bonne surprise de voir que contrairement à ma première course 15 jours avant, le peloton ne disparaît pas devant moi me laissant seule derrière… Au contraire je suis dans le même rythme que la majorité des coureuses et je me surprends même à en dépasser quelques unes, ça fait bizarre !!!

Pendant la course je suis très attentive à ma posture et à ma technique de foulée : bien maintenir une cadence de pas rapides, bien ouvrir les hanches, bien utiliser le mouvement de balancier des bras, bien ouvrir les épaules, bien gérer mon souffle… je ne suis focalisée que sur ma propre perception de mon corps, complètement concentrée car la technique n’est pas encore instinctive, ça ne fait qu’un peu plus d’une semaine que je pratique le Light Feet Running (LFR pour les intimes) !

Je constate que ma cadence de pas est bien plus rapide que celle des autres coureuses, super, ça veut dire que je ne dois pas être trop loin des fameux 180 pas par minute recommandés en LFR (sachant qu’en foulée « classique » c’est environ 140 pas par minute).

Il fait un temps magnifique et la température est juste assez fraîche pour être à l’aise, les conditions sont vraiment parfaites. Le peloton est très joyeux, ça rit, ça chante, ça crie, ça papote, on sent bien qu’on est dans une course avant tout pour le plaisir et non pour la compétition, j’adore cette ambiance !!!

Mais je ne peux m’empêcher de me demander comment font les filles pour papoter et chanter en courant alors que je suis moi-même déjà trop essoufflée pour enchaîner plus de 3 ou 4 mots !

Je constate que pas mal de coureuses courent avec leurs sacs à dos ou avec leurs sweats-shirts accrochés à la taille… Mais pourquoi n’ont-elles pas laissées leurs affaires à la consigne GRATUITE ?

Au final je fais assez peu attention au paysage, nous traversons différentes rues du village, et longeons notamment un champs et une petite zone industrielle (en tout cas une entreprise), mais en dehors de ça je serai incapable de décrire le trajet tant je suis focalisée sur mon corps, ma gestion du souffle, ma cadence de pas et ma posture.

Je me rends compte que je dépasse pas mal de coureuses (j’ai pris le départ vraiment au fond du sas) et ça me motive vraiment, peut-être que je vais vraiment réussir à ne pas finir dernière !!

J’essaie d’être à l’écoute de mon appli smartphone pour savoir où j’en suis de ma vitesse mais le bruit ambiant de la course m’empêche d’entendre les indications, tant mieux comme ça je ferai vraiment ma course au feeling !

Arrive le ravitaillement du 4e kilomètre et sa fanfare qui nous met l’ambiance avec une reprise d’un morceau que je suis sûre de connaitre mais incapable de mettre un nom dessus !

J’ai un gros doute sur la nécessité de proposer un ravitaillement au milieu d’une course aussi courte mais j’ai un peu la bouche sèche et envie de boire de l’eau, je m’approche du ravito en courant et attrape un gobelet plein que j’avale et oh surprise ! ce n’est pas de l’eau, mais la fameuse boisson énergétique qui nous a été fournie dans le sac de la course. Et zut ! Moi qui avait envie d’eau ! Bon le goût n’est pas trop mauvais et je me dis que peut-être le petit apport de sucre me sera utile même si j’ai de gros doutes sur le fait que ça fasse effet alors qu’on est à 3 kilomètres de l’arrivée.

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La fameuse boisson énergisante sur laquelle je suis tombée par erreur au ravito

 

Je croise à ce moment là deux journalistes de France 3 Normandie dont un que je reconnais pour l’avoir certainement vu dans le petit écran mais sans en être vraiment sûre…

Je vois des concurrentes qui faiblissent, qui marchent, de mon côté j’accélère un peu car je vois la fin arriver, je double, je double, je double, j’ai l’impression d’avoir des ailes !

Mon cardio me le fait savoir en s’emballant, je souffle comme un bœuf mais qu’importe, je me suis promis de tout donner sur cette course et je compte bien le faire !!!

Plus j’avance plus j’essaie de maintenir un rythme soutenu, j’ai du mal à me rendre compte si je vais trop vite ou pas, ce n’est que ma deuxième course et mon manque d’expérience me fait douter du bon rythme à adopter.

Sur la route, depuis leurs jardins, des habitants de la commune nous supportent, nous félicitent, nous encouragent, ça fait super plaisir et ça incite à accélérer encore !

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Oui, oui j’ai une sale tronche quand je cours et j’assume ! Bon à ma décharge j’ai le soleil dans les yeux, ça n’aide pas !

 

Arrive le dernier kilomètre, et on croise les premières concurrentes déjà arrivées qui nous encouragent en nous disant que c’est presque fini. J’accélère encore et je double d’autres concurrentes, je n’en peux plus ! Mes jambes sont encore puissantes car je sollicite très peu mes mollets et principalement mes cuisses (muscles beaucoup plus endurants, voir le site sur la technique LFR pour plus d’infos), mais mon cardio est au bord du gouffre !

Je vois enfin l’arche d’arrivée, et 200 mètres avant je tape un sprint avec mes dernières forces, mes jambes qui n’attendaient que ça depuis le début de la course s’en donnent à cœur joie mais mon cœur et mes poumons ont juste envie de me trucider !

Et je franchis la ligne à fond ! Je crois apercevoir le chiffre « 48 » sur le chronomètre géant affiché sur la ligne d’arrivée mais je n’en suis pas sûre…

Ça y est, c’est fini, je vais pouvoir enfin reprendre mon souffle. Je chancelle, j’erre, je suis exténuée, il faut que je m’assois à tout prix sinon je vais m’effondrer… Je trouve un endroit pour m’asseoir et je peux enfin commencer à reprendre mon souffle. J’en profite pour éteindre mon appli smartphone qui m’affiche un temps de 51 minutes, je sais déjà que j’ai battu mon record et atteint mon objectif car je l’ai allumé au moins 3 minutes avant le départ. Yes !!!! Super contente !!!

Une fois mon souffle repris, je me rends compte que je ne suis pas très bien… Gros gros besoin de sucre, je suis au bord de l’hypoglycémie. Je me dirige vers le ravitaillement où je prends un quartier d’orange, je passe récupérer mon sac à la consigne car je commence à avoir sérieusement froid puis je retourne au ravito où je me prends un jus d’orange quelques abricots secs, quelques quartiers d’oranges et je craque même pour un morceau de chocolat noir… J’ai des doutes sur le fait qu’il soit vegan (tous les chocolats noirs ne le sont pas) mais ça me fait trop envie !

Je vais mieux, je suis contente, et j’attends patiemment l’étirement collectif avec Patricia qui doit se dérouler à 11h. J’ai un peu froid, mais l’affichage des résultats me le fait vite oublier !

C’est la cohue devant les feuilles mais je finis par trouver mon nom : j’ai fait un temps de 48.14 et je suis 870 sur 1066 concurrentes !!!! Je suis aux anges !!! J’ai été meilleure que presque 200 coureuses !!!! Bon ok, il y en a aussi 869 qui ont été meilleures que moi… certes… Mais j’ai envie de voir le verre à moitié plein !!! J’ai atteint TOUS mes objectifs !!

Ne pas être dernière, battre mon record et faire moins de 50 minutes… et surtout faire 48 minutes ! Le numéro de mon dossard, comme je l’avais prédit en rigolant !! Et surtout je me suis amusée comme une folle ! Et pour ce qui est de finir épuisée j’ai eu ma dose aussi !

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Je me positionne ensuite pour l’étirement collectif tout en douceur avec Patricia, et une fois de plus, j’y prends plaisir, bravo à cette coach, vraiment fun et sympathique qui sait mettre l’ambiance même pour un retour au calme !

Je jette un oeil au podium avant de rentrer chez moi, crevée et heureuse !

Je n’ai qu’une seule envie, remettre ça très vite et ça tombe très bien puisque je participe à la Rivière Rose le dimanche suivant, autre course d’Octobre Rose, réservée aux femmes, mais cette fois-ci sur 10km ! Vivement qu’on y soit !!

Pour terminer, un grand MERCI à tous les organisateurs, tous les bénévoles de cette course, toutes les concurrentes et particulièrement celles qui ont assuré l’ambiance !

La course était SUPER bien organisée, aucun accro, aucun soucis, aucun dérapage, franchement BRAVO !! Je ne comptais pas forcément refaire cette course l’année prochaine car d’ici là j’aurais déménagé un peu plus loin mais là honnêtement je me laisserai peut-être tenter quand même car j’ai vraiment passé un super bon moment.

 

A très bientôt pour le récit de la Rivière Rose !

 

 

 

 

 

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